Rarement, je reviens en arrière lorsqu’arrive un mois nouveau.
Exceptionnellement, la photo de présentation a été prise au matin du 20 avril, à 5h30.
Il pleuvait…
Un déluge s’est abattu dans la Vallée de la Chaudière.
Touts les villages et villes ont été affectés.
Des bâtiments historiques ont passés à l’eau…
Plusieurs beaucerons y ont goûté et devront envisager d’abandonner leur maison définitivement.
Depuis plus de 200 ans, les riverains, presque à tous les ans, vivent des inondations.
À Beauceville particulièrement, au lieu de déprimer, c’était la fête: l’eau montait au ‘Rigolo’, les clients ‘sinistrés’, se réfugiaient au bar d’en haut, prenant garde d’abord d’y monter les stocks de leur précieux breuvage. (Hôtel Royal)
Maires, échevins et députés, souvent en chaloupe, visitaient les sinistrés, distribuant et recevant des poignées de main et quelques ponces de gin, du vin ou un robuste alcool de fabrication artisanal qui n’avait pas nécessairement un goût ‘légal’…
Les lendemains, c’était les corvées de nettoyage de séchage et de reconstruction, tous s’y mettaient !
L’huile de coude et le partage des ressources ont forgé le caractère des beaucerons ; ils aimaient ce sentiment d’être autonomes, c’était un peuple soudé serré.
Aujourd’hui, bien que cette caractéristique fasse toujours partie de notre ADN, en période de ‘normalité’, ce lien qui était nécessaire pour survivre, a été surpassé par des mesures sociales. On se fie que le téléphone intelligent sonnera l’alarme…
Les programmes prennent en charge les gens et les évènements.
En principe, il faut suivre des directives, car tout est organisé et contrôlé.
De nos jours, il y a beaucoup moins de chance de voir flotter une maison sur la Chaudière, avec la famille qui fait la fête à l’étage 😉
Pour avoir droit à un remboursement des frais de nettoyage, réparations et reconstructions, les travaux doivent être faits par des entreprises enregistrées, ayant permis et certifications.
Les ‘corvées’ qui étaient l’équivalent des ‘assurances’ sont pratiquement devenus illégales.
La grande corvée de ‘Glendale’ a été un des plus haut fait historique de St-Joseph.
En mai, le soleil reviendra !
Le côté positif des ‘pertes’ et des ‘sinistres’ c’est la solidarité qui se crée entre les gens.
On l’a vue lors du déluge du Saguenay, lors de la crise du verglas, des feux de forêt en Alberta et maintenant, chez-nous et partout ailleurs au Québec.
Est-ce que la ‘belle saison’ sera assez appréciée pour panser les blessures ?
Les temps, le climat et les gens changent…
Je ne crois pas que l’on puisse perdre quoi que ce soit, car tout nous est prêté.
Pour chaque chose, il y a une fin…
… Et St-Exupéry ajouterait : ’Pour chaque fin, il y a un nouveau départ.’
Souhaitons que ce départ soit le début d’un nouveau bonheur !
Bon maintenant,
Richard XXX

